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1-2-3 Ruches urbaines ?


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Le buzzzz

L’apiculture urbaine est de plus en plus populaire ! À Montréal, par exemple, le nombre de ruches est passé de 10 en 2011 à 368 en 2015 [1]. Avec l’engouement pour l’agriculture urbaine, nombreux sont les citadins qui désirent posséder leurs propres ruches en ville. Emblème de la biodiversité, l’abeille n’est-elle pas le meilleur compagnon de nos jardins ?

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Dépliant - 1-2-3 Ruches urbaines ?

Les pollinisateurs sont essentiels,
pas les abeilles à miel.

Le mythe de l’abeille

Couramment, on entend dire que « sans les abeilles, l’humanité ne pourrait pas survivre ». Cette affirmation sert souvent à justifier l’implantation de ruches. Qu’en est-il vraiment ?

D’abord, il faut distinguer l’abeille sauvage de l’abeille à miel (abeille domestique). Originaire d’Europe, celle-ci fut introduite en Amérique au 17e siècle. Avant son arrivée, les plantes se faisaient déjà polliniser. Bleuets, amélanchiers, courges, fraises, framboises nourrissaient depuis longtemps les populations autochtones. En effet, le Québec compte plus de 350 espèces pollinisatrices : papillons, mouches, coléoptères, colibris et abeilles sauvages, dont les bourdons et les guêpes. Il faut donc parler de pollinisateurs plutôt que d’abeilles.

La majorité des plantes ont besoin des pollinisateurs pour transporter le pollen et féconder les fleurs. Les abeilles sauvages possèdent chacune des caractéristiques uniques. Elles sont souvent spécialisées dans la pollinisation d’une plante en particulier et vivent dans un habitat qui leur est propre. 90 % sont des abeilles solitaires, parmi lesquelles 70 % font leur nid dans le sol [2]. Étant donné qu’elles n’ont pas de ruche à protéger, elles sont plus dociles que les abeilles domestiques.

Contrairement aux espèces indigènes, la survie de l’abeille domestique dans un environnement comme le Québec dépend des soins apportés par l’apiculteur. D’ailleurs, le travail nécessaire à la survie d’un rucher est souvent sous-estimé par les apiculteurs amateurs. De plus, la densification des ruches en ville inquiète, car la trop grande proximité entre elles et le manque de nourriture peut rendre les abeilles agressives [3].

Vive les bourdons !

Des chercheurs ont constaté que la pollinisation des cultures est parfois attribuée aux abeilles domestiques, alors qu’en réalité, ce sont les pollinisateurs indigènes qui font le travail. Les pollinisateurs indigènes tels que les bourdons sont d’ailleurs plus efficaces. Ils travaillent plus tôt et plus tard dans la saison en plus de travailler à des températures plus humides et plus fraîches que les abeilles à miel [4]. Étant plus gros, les bourdons font vibrer davantage les fleurs, assurant une meilleure dispersion du pollen. De plus, c’est justement le pollen qui les attire, alors que les abeilles sont attirées par le nectar. Autre preuve que les abeilles à miel ne sont pas nécessaires à la survie de l’humanité : dans les serres commerciales, ce sont des bourdons que les producteurs introduisent pour polliniser leurs cultures, et non des abeilles à miel.

Biodiversité menacée

Non seulement l’abeille à miel n’est pas nécessaire à la pollinisation, elle menace même la survie des espèces indigènes. La présence de ruches occasionne aux pollinisateurs sauvages une compétition supplémentaire pour les ressources. Contrairement à l’abeille domestique, les abeilles sauvages ne butinent pas très loin de leur lieu de nidification, de quelques mètres pour les plus petites à quelques centaines de mètres pour les plus gros (ex. bourdons) [5]. Ainsi, en présence d’abeilles domestiques, on observe une diminution de l’abondance et de la diversité des pollinisateurs indigènes. Une diminution de la taille des bourdons-ouvriers a été constatée, laquelle menacerait leur survie [6]. De surcroît, certains virus et microorganismes peuvent se propager des abeilles domestiques aux abeilles sauvages et contribuer à leur déclin.

La pollinisation est essentielle à la sécurité alimentaire de la planète. Raison de plus pour qu’elle repose sur une diversité d’espèces. D’ailleurs, de nombreux scientifiques recommandent l’interdiction des ruches à proximité des parcs naturels pour protéger les espèces indigènes [7].

La vie des abeilles

Malheureusement, les producteurs de miel ont tout intérêt à laisser planer la confusion. Ils attirent la sympathie des consommateurs, lesquels croient à tort aider à la survie des pollinisateurs en achetant du miel. Les profits tirés du travail des abeilles amènent à négliger les pollinisateurs indigènes. De plus, le désir de consommer des produits provenant de l’apiculture (miel, propolis, pollen, cire) occulte aussi l’exploitation et la souffrance endurées par les abeilles à miel.

Chaque gramme de miel nécessite des milliers d’allers-retours pour collecter du nectar. Pour chaque cuillerée de miel, 12 abeilles ont dû consacrer leur vie entière [8]. En industrie, de nombreuses abeilles meurent au cours de l’extraction du miel. La reine est inséminée artificiellement et ses ailes sont souvent enlevées pour éviter qu’elle quitte la ruche. Dans certains cas, les colonies d’abeilles domestiques sont détruites après la récolte, car l’achat de nouvelles colonies au printemps reviendra moins cher à l’apiculteur que de s’en occuper durant l’hiver.

Pour vraiment aider les pollinisateurs

Intéressons-nous d’abord aux pollinisateurs indigènes. Apprenons à les observer, à les identifier et à les apprécier. Cessons l’utilisation de tous les pesticides, en particulier les néonicotinoïdes, qui affectent davantage les pollinisateurs indigènes [9]. Achetons des aliments biologiques. Plantons des espèces mellifères ou indigènes : arbres et arbustes (amélanchier, cerisier, érable), fines herbes (menthe), trèfle, mauve, fenouil, soucis, bourrache, pissenlit, lavande [10]. Offrons des espaces de nidification (différents pour chaque espèce) : accès au sol, ronces, bois creux, roseaux, fissures de rochers, hôtels à insectes. Sans oublier, arrêtons d’installer des ruches pour les abeilles à miel.

Meilleur que le miel

Il existe toute une gamme de produits meilleurs pour la santé que le miel. Dépourvu de fibres et contenant très peu de vitamines et de nutriments, il favorise la carie dentaire, au même titre que le cola ou le sucre blanc. Le miel occasionne en plus l’érosion de l’émail, ce qui augmente la sensibilité des dents et le risque de caries [11]. Mieux vaut choisir des fruits frais et des fruits séchés (dattes, raisins, figues), lesquels contiennent des fibres et des vitamines et sont exempts d’exploitation animale. Au Québec, privilégions le sirop d’érable biologique. Il existe aussi d’autres alternatives : sirop de pomme, sirop d’agave, sirop d’orge malté, mélasse, sucre de dattes. Enfin, le stévia donne un goût sucré sans apport calorique.

Quelques ressources

Pour d’autres alternatives aux produits animaux : www.veganequebec.net

Pour une agriculture sans produits animaux : www.goveganic.net et www.vegeculture.net

Guide d’identification et de gestion - Pollinisateurs et plantes mellifères, CRAAQ


[1Le Devoir, "Les colonies d’abeilles bourdonnent à Montréal", Jeanne Corriveau, 2015

[2Guide d’identification et de gestion - Pollinisateurs et plantes mellifères, CRAAQ

[3Le Devoir, "Les colonies d’abeilles bourdonnent à Montréal", Jeanne Corriveau, 2015

[4Agriculture et agroalimentaire Canada : Les insectes pollinisateurs indigènes et l’agriculture au Canada, 2014. https://www.agrireseau.net/agriculturebiologique/documents/les_insectes_pollinisateurs_indig%C3%A8nes_et_l%E2%80%99agriculture_au_canada.pdf

[5Guide d’identification et de gestion - Pollinisateurs et plantes mellifères, CRAAQ

[6Evidence for competition between honeybees and bumblebees ; effects on bumblebee worker size

[7Israel Journal of Plant Sciences, Competition between honeybees (Apis mellifera) and native solitary bees in the Mediterranean region of Israel—Implications for conservation.
Honeybees (Apis mellifera) on public conservation lands - A risk analysis, Catherine Beard. Department of Conservation, New Zealand.

[8Agriculture et agroalimentaire Canada : Les insectes pollinisateurs indigènes et l’agriculture au Canada, 2014. https://www.agrireseau.net/agriculturebiologique/documents/les_insectes_pollinisateurs_indig%C3%A8nes_et_l%E2%80%99agriculture_au_canada.pdf

[9Nature, Seed coating with a neonicotinoid insecticide negatively affects wild bees, mai 2015, http://www.nature.com/nature/journal/v521/n7550/full/nature14420.html

[10Guide d’identification et de gestion - Pollinisateurs et plantes mellifères, CRAAQ

[11Pediatrics, Comparison of the cariogenicity of cola, honey, cow milk, human milk, and sucrose, Bowen WH, Lawrence RA, octobre 2005.

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